Communiqué d'AVIGOLFE
Le 12/07/05Uranium appauvri, le ministère de la Défense savait depuis 1992 !
En ce 14 juillet 2005, Hervé Desplat, président de l'association Avigolfe dénonce une nouvelle fois la persistance du gouvernement français à nier la réalité de la guerre du Golfe (1991) et ses effets sur la santé des militaires et des populations civiles.
Reçu par le cabinet de la ministre de la Défense le 30 juin dernier, Hervé Desplat a produit un document de l'Otan daté du 25 août 1992, référencé AASTP-1, élaboré par "un groupe d'experts" sur "les conditions de sécurité dans le transport et le stockage des munitions et des
explosifs militaires."Le chapitre 8 de ce document non classifié mais à "distribution restreinte" auprès des états major des armées des pays membres, est consacré aux munitions à l'uranium appauvri.
On peut y lire, entre autres, "La combustion de gouttelettes d'uranium en fusion s'accompagne d'un jaillissement d'étincelles et de projections permettant à une plus grande partie de la masse de métal de se transformer en une fine vapeur ou en une fine poussière d'oxyde qui, en cas d'inhalation, risqueront davantage de pénétrer et de se fixer dans les poumons".
Ou encore, "L'UA peut avoir des effets nuisibles à la santé, dus au rayonnement alpha à parcours réduit ou à la toxicité chimique que s'il pénètre dans l'organisme par inhalation ou ingestion." (...)
Dans le cas d'explosion (ce qui est le cas lors d'un tir) ou d'un incendie, 'l'UA peut brûler et une petite partie de l'UA oxydé peut se disperser dans l'atmosphère. Il pourrait y avoir des effets radiologiques ou toxicologiques sur les tissus humains lorsque les personnes inhalent la fumée chargée d'oxyde d'UA qui se dégage pendant l'incident".
Il est précisé également que "la nouvelle contamination qui en résulterait pour l'atmosphère à proximité immédiate du lieu de l'accident pourrait donc constituer un risque à retardement d'exposition par inhalation." (...) Ce mécanisme d'exposition indirecte connu sous le non de re-suspension, créerait donc des effets persistants à long terme si aucune mesure n'était prise pour supprimer cette contamination résiduelle".
Enfin, "un dépôt important de poussière d'uranium de l'ordre de quelques g/m2 peut avoir un effet toxique sur les plantes et surs le bétail en pâture".
Ainsi le ministère de la Défense était informé, au moins depuis août 1992 des conséquences de l'utilisation de munitions à l'uranium appauvri sur les hommes et l'environnement.
Hervé Desplat, rappelle également que les analyses d'obus flèches français effectués par les laboratoires militaires sur demande de la mission parlementaire d'information en 2001 ont mis en évidence la présence dans ces munitions non seulement d'uranium appauvri, mais aussi d'U236, du déchet hautement radioactif de la combustion nucléaire et des traces de plutonium.
Produit par le site de Padducah aux Etats-Unis, l'UA utilisé pour l'usinage des obus flèches français avait été acheté aux fournisseurs américains en 1979 (102kg), en 1991 (75 tonnes) et en 1993 (910 tonnes).
Le ministère de la Défense continue de nier l'évidence. Après s'être caché derrière une mission parlementaire d'information partiale et insuffisante, derrière une étude épidémiologique très critiquable, il a déclaré attendre que la "justice tranche", faisant allusion aux plaintes personnelles déposées en pénal par des adhérents d'Avigolfe, ce n'est une position ni politique, ni courageuse.
Il est temps que le ministère de la Défense, comme vient de le faire le secrétariat d'Etat aux anciens combattants aux Etats-Unis, reconnaisse la réalité chimique et radiologique de la guerre, en premier lieu pour mieux soigner les personnes malades et les enfants qui présentent, nombreux, des malformations congénitales, mieux prendre en charge les veuves et leurs enfants, et, en second lieu pour assumer ses responsabilités à l'égard de populations civiles et militaires affectées.
Le Président
Hervé DESPLAT